Méthodes et premières mesures

Les quatre prochaines années seront cruciales pour l’avenir de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et plus largement pour toutes les universités d’une France et d’une Europe en situation de crise profonde.

Notre université se bat depuis plusieurs années pour assurer son équilibre budgétaire, au détriment tout particulièrement de l’encadrement pédagogique et d’une politique de recherche portée par la créativité et l’innovation. La confiance en l’avenir, bridée par une bureaucratie qui reste omniprésente en dépit des discours sur l’autonomie et la simplification, s’efface ainsi devant des renoncements personnels et collectifs préjudiciables à l’identité même de notre institution.

Redonner à notre université l’ambition d’être elle-même, à savoir une institution tournée vers l’avenir ; capable de se rassembler dans l’interrogation toujours vive et urgente sur l’action en société, la décision, la création, l’échange, la norme, l’institution, l’histoire et la mémoire, l’espace et le territoire ; portée par les valeurs du service public : tel est le sens de notre projet collectif pour l’université.

Le président et l’équipe de direction doivent coordonner le jeu de tous les acteurs de l’université, rappeler la politique définie avec les conseils, savoir à la fois écouter et diriger, valoriser le travail de tous, mais aussi communiquer en toute transparence. Le président de l’université est le premier responsable du dialogue avec les étudiants. Sa mission fondamentale est de représenter l’université auprès de l’ensemble de ses interlocuteurs.

L’enjeu de l’élection des membres du conseil d’administration, complétée par la désignation des personnalités extérieures, est à la fois l’adoption de l’orientation politique et l’élection du président de l’université. La loi sur l’enseignement supérieur et la recherche du 22 juillet 2013 prévoit en effet que le président est élu par le seul conseil d’administration.

C’est au seul scrutin pour le conseil d’administration que la liste « L’audace d’agir », emmenée par Georges Haddad, est déposée.

Il y a là un choix mûrement réfléchi, qui correspond à l’esprit des institutions actuelles, mais surtout à notre conception du rôle des instances dirigeantes de l’université. Notre ambition est de travailler avec la pluralité des élus et non pas de verrouiller le processus de délibération. Les candidats et tous les soutiens de la liste « L’audace d’agir » retrouvent leur vision de l’université dans la diversité des listes présentées au conseil académique (commission de la recherche et commission de la formation et de la vie universitaire) et s’y engagent librement.

C’est aussi l’expression claire d’un engagement politique : l’équipe de direction, constituée à partir de l’ensemble des élus, n’imposera pas sa volonté contre les délibérations des conseils. Tout en étant force de proposition en matière de recherche et de formation, elle coordonnera l’action de l’ensemble des élus à travers une vaste concertation, afin que toutes les sensibilités puissent s’exprimer dans un projet partagé.

L’audace d’agir pour l’avenir de Paris 1 Panthéon-Sorbonne implique pour le futur président et son équipe de gouvernance les engagements suivants :

  • Redonner aux conseils un rôle prospectif, qui ne soit plus cantonné à la gestion dans l’urgence des délibérations ordinaires.
  • Réunir le congrès de l’université au moins une fois par an pour des états généraux de l’université et, plus spécifiquement, lorsque les divers conseils auront émis des avis divergents et inconciliables.
  • Faire du conseil des directeurs et directrices de composante une instance d’échanges et de débats contradictoires avec l’équipe de gouvernance.
  • Proposer aux responsables de composante que le président assiste à une séance de leur conseil de gestion une fois par an.
  • Rendre visite au moins une fois par an à tous les centres de Paris 1, et plus régulièrement aux différents services de l’université, afin d’être à l’écoute des collègues au plus près des réalités du terrain.
  • Publier chaque année un bilan d’activités transparent et complet, qui sera diffusé auprès de tous les services et composantes de l’université.
  • Présenter une évaluation à mi-mandat (fin juin 2018) des actions menées et des réalisations en cours aux différents conseils de l’université réunis en Congrès.

Ces engagements se traduiront concrètement par une série de mesures, dont les premières seront proposées dès l’été aux conseils centraux, pour un nouvel élan interne et externe :

1. Relations extérieures

  • Réinvestir les terrains délaissés par l’université, en particulier les instances nationales et internationales dont le rôle décisionnaire est essentiel dans notre avenir – le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, la Conférence des Présidents d’Université, l’Association des Universités Européennes, les organisations internationales concernées par l’enseignement supérieur et la recherche –, mais aussi renforcer l’ancrage territorial de Paris 1 en renouant avec la Région Ile-de-France et la Ville de Paris.
  • Renouer le dialogue avec la Comué heSam en suscitant l’organisation à l’automne d’assises de la pédagogie et de la recherche au niveau, non pas seulement de Paris 1, mais bien de heSam, réunissant sous l’égide du président de la Comué, outre l’équipe de gouvernance de Paris 1, tous les responsables de composante et d’unité de recherche de Paris 1 et de nos partenaires au sein de heSam.
  • Exploiter le potentiel de synergie offert par les membres de la Comué heSam, y compris les établissements sous tutelle du Ministère de la culture. Notamment, étendre et renforcer la formation continue de Paris 1 dans un ensemble associant le CNAM afin de développer la formation tout au long de la vie.
  • Maintenir et développer les collaborations avec les autres Comué d’Ile-de-France, afin de garantir l’existant et de préparer l’avenir, tant au niveau de l’enseignement que de la recherche.
  • Activer la Fondation partenariale de l’université, dont la création a été votée mais qui n’a jamais été mise en œuvre.
  • Rééquilibrer le partenariat avec l’Ecole d’économie de Paris en redonnant à la Maison des sciences économiques un rôle fédérateur.
  • Développer les passerelles entre l’université et le monde économique pour faire de Paris 1 un acteur majeur en matière de formation et d’expertise dans ses disciplines. Créer une plateforme d’échanges entre étudiants, enseignants-chercheurs et entreprises pour les développement des stages, de contrats d’apprenti ou de conventions liées à la recherche.
  • Défendre la politique d’implantation immobilière de Paris 1. Maintenir notre présence dans tous les centres partagés avec d’autres établissements, mais aussi agir en vue de l’extension des surfaces d’enseignement au Panthéon et en Sorbonne. Faciliter les synergies et les communications entre les centres distants.
  • Soutenir l’incubateur PEPITE héSam avec l’appui de la Direction Partenariat Entreprises et Insertion Professionnelle, visant à la valorisation des démarches entrepreneuriales des étudiants.
  • Ouvrir l’université sur la cité : en dépit des difficultés pratiques, Paris 1 doit être ouverte à toutes les classes d’âge, et assumer son rôle intellectuel et social.

2. Organisation interne

  • Instaurer des commissions mixtes paritaires entre le CA et la CR et entre le CA et la CFVU, afin de préparer le passage en CA des décisions relevant de plusieurs conseils, mais aussi, le cas échéant, afin de trouver un consensus ou un compromis sur tous les sujets ayant suscité des avis divergents des deux conseils.
  • Nommer un directeur ou une directrice de cabinet afin d’assurer les relations entre la présidence et les différents conseils et instances de l’université, mais également coordonner les relations avec les partenaires extérieurs.
  • Proposer des chargés de mission, choisis pour leur compétence et non pour leur appartenance à une liste, rendant compte aux conseils, ayant pour fonction d’initier des projets contribuant au rayonnement de Paris 1 en un dialogue constant avec les élus, afin de libérer leur force de proposition et de développer une intelligence collective au sein de l’université.
  • Organiser une série d’audits et de synthèses prospectives en accord avec les conseils sur les politiques stratégiques de l’université, notamment sur l’immobilier, les personnels (enseignants et enseignants-chercheurs, doctorants, BIATSS), la parité homme-femme, l’hygiène et la sécurité, l’accueil des étudiants français et étrangers, la vie culturelle et sportive, les relations internationales et la place de Paris 1 dans l’aide au développement, l’insertion professionnelle et la formation continue, l’innovation pédagogique et le numérique.
  • Professionnaliser la communication interne et externe de notre université, pour en améliorer la pertinence et la qualité, sans pour autant la réduire à la diffusion d’une information centrale.
  • Identifier parmi les sites de l’université un lieu de valorisation et de formation en direction des élèves et des professeurs de l’enseignement secondaire ; consolider les liens avec les classes préparatoires.
  • Anticiper le paiement des doctorants vacataires d’enseignement sans contrat doctoral par le versement d’une avance.
  • Revoir la politique d’exonération des droits étudiants.
  • Redonner du faste aux grandes étapes de la vie universitaire : le président accueillera les étudiants de première année à l’occasion des journées de pré-rentrée ; il recevra les collègues nouvellement recrutés lors d’une cérémonie de rentrée solennelle en Sorbonne ; et il félicitera les diplômés de master à travers un événement public, inscrivant résolument Paris 1 comme acteur dans la cité ; Paris 1 renouera avec la tradition d’attribution du doctorat honoris causa à de grandes personnalités scientifiques.
  • Définir quelques projets de recherche fédérateurs et transversaux qui structurent la recherche pour le prochain contrat quinquennal et qui constitueront les briques d’une future candidature à un projet d’investissement d’avenir (PIA 3 ou autre), indissociable d’un investissement dans une Comué à l’horizon 2020.
  • Entamer au plus tôt la préparation du prochain contrat quinquennal (2019-2023), dont le vote doit intervenir à l’été 2018, en dressant le bilan de la formation en licence et en master, de manière à dégager des perspectives et une politique claires et concertées en matière de formation initiale et continue.
  • Redonner au Service des usages numériques (SUN) sa dimension pédagogique pleine et entière, en le rattachant à la Direction de l’enseignement et de la vie étudiante (DEVE) sous l’égide de la CFVU.
  • Confier au Service des formations et de la pédagogie (SFP), sous l’autorité de la CFVU, une mission d’observation et de soutien des pratiques et de l’innovation pédagogiques, en lien avec des correspondants dans chaque composante.
  • Mettre en place une unité spéciale de recherche et de prospective transversale à l’université, ayant pour mission d’anticiper et d’appréhender les évolutions de l’enseignement supérieur et de la recherche dans un contexte mondial, afin de replacer Paris 1 au rang qui est le sien.